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Aurélia Poumaroux

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Interview: Découvrez la photographe aventureuse derrière Weddings Provence

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Se marier aux Etats-Unis c'est possible!!! Mariages aux Etats-Unis avec une wedding planner française basée à New York & New Jersey...

Interview: Découvrez la photographe aventureuse derrière Weddings Provence

Aurelia P. Howard

Chers lecteurs et lectrices, découvrez Ludivine, cette pile électrique, ce rayon de soleil, ce tourbillon d’émotions et laissez-vous porter par cette interview modeste, honnête et de toute sincérité.

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C’est lors un bel après-midi d’Octobre, que j’ai pu rencontrer la photographe aventureuse, Ludivine, fondatrice de Weddings Provence, dans une ambiance chic à la new yorkaise: afin de découvrir le monde de la photographie, les débuts d’une professionnelle dans l’industrie du mariage et le ressenti émotionnel que l’on peut avoir lors d’un premier séjour à New York. Le temps était magnifique. Parfait, pour admirer une vue à 360° de la ville où l’ on ne dort jamais, en hauteur, sur la terrace du bar 230 Fifth Rooftop. Nous étions également en compagnie de Nicole, fondatrice de Lunick Wedding Planner.

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Comment nous sommes-nous rencontrés ? Lors de la première édition du Wedding District : une organisation réunissant des prestataires français et américains, afin de vous permettre de vous envolez vers l’événement de vos rêves en France ou aux Etats-Unis. Ma rencontre avec Ludivine et Nicole fut le fruit d’un premier contact lors de la soirée gala du Wedding District en Octobre 2018. Nous nous sommes laissés porter par les évènements, par les rencontres, par les émotions de la soirée et nous sommes revues le lendemain.

Parle-moi un peu de toi : Ça fait combien de temps que tu fais de la photographie et comment t’es-tu insérée dans l’univers du mariage ?

Ludivine : Alors moi ça fait cinq ans que je fais de la photographie et je ne m’y suis pas vraiment insérée. Je ne fais pas de centaines de mariages, je travaille plutôt avec cœur, je suis mon feeling. Je suis venue à New York comme ça, sans me poser trop de questions. Je prends ce qui vient mais je fais toujours les choses avec envie. J’ai l’impression, que la vie elle-même, me sélectionne par rapport à ce que je dois avoir en nombre de mariages, ou par rapport aux personnes que je rencontre. Du coup, ça vient naturellement. Je suis aussi toute seule, donc c’est toujours plus long lorsqu’on apprend et lorsque l’on est à son propre compte. Ensuite, être photographe est un métier très solitaire. Je ne sais pas pour les autres domaines du mariage mais on est souvent seul. On travaille longtemps sur notre ordinateur après un mariage. Je pense que c’est pareil pour vous, les wedding plannners?

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Oui en effet, bien que l’on soit toujours en contact constant avec les prestataires. Il y a également beaucoup de temps passé en solo. De ton côté, comment rencontre-tu tes clients ?

Ludivine : A vrai dire, c’est un domaine que je dois développer dans le futur. Je ne connais pas tellement de monde. Je fais de la photographie parce que c’est une passion et je ne me mets pas de contraintes, en me disant : il faut que je me fasse voir, il faut que je fasse ci, je souhaite juste qu’on parle de moi parce que j’ai de belles photos. Même si je recherche constamment des clients, je veux vraiment une entreprise pérenne et je pense plutôt sur le long terme avec beaucoup de remises en question : Je sais que j’ai des choses à améliorer dans mon travail pour pouvoir réussir à long terme. Le temps de séance par exemple : Je passe beaucoup de temps avec les clients. Le temps de post production aussi : Il faut que j’améliore ça. Je leur mets beaucoup de photos. C’est-à-dire que si je trouve qu’il y en a 80 qui sont géniales, je leur mets les 80 au lieu de 50. Je fonctionne surtout à la simplicité : J’ai un prix qui est fixe. J’aime bien que mes clients en aient pour leur argent, j’aime bien qu’ils passent un bon moment. C’est ça qui m’intéresse.

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Ta passion te fait découvrir de nouveaux horizons comme New York, est-ce qu’il y a des endroits que tu avais en tête de photographier avant de venir ? Est-ce que tu avais un plan d’action ?

Ludivine : Je prends plutôt la vie comme elle est. Par exemple hier, quand on était dans la rue et qu’on marchait pour aller au Market Flower, j’ai pris mes collègues de dos, de côté, de face. Je courrais même pour aller devant. Mais tout cela est nécessaire parce que ça raconte toute l’histoire de notre séjour. Et tous ces petits détails-là: les bâtiments, les tags, les noms de rue, c’est de l’histoire tout ça ! Ce n’est pas seulement au moment où elles posent.

Dans mon travail, j’adore faire du reportage du début jusqu’à la fin. Durant ce séjour, j’ai pris plus de photos que pour un mariage et je n’ai pas fini. Je fais aussi beaucoup plus de photos parce que je n’ai pas envie de rater un seul moment. Donc voilà ! Je prends la vie comme elle vient. Par exemple, hier soir, il y avait une maman qui était sur son téléphone, sa fille était appuyée à sa jambe. Elles avaient la même doudoune. Ça faisait quelque chose de très similaire. Et là, je m’arrête et je les ai pris en photo. Discrètement bien sûr ! mais parce que la mère…la fille…la similarité ! Pour moi, ça raconte toute une histoire et je pense déjà à comment je vais les présenter mes photos, au moment où je fais la photo.

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Est-ce que tu utilises une certaine technique photographique ?

Ludivine : Pas forcément. Cette année, j’ai beaucoup travaillé sur la technique, pour avoir tout de parfait. J’ai mis longtemps à trouver mon style et mes couleurs que j’ai vraiment affiné. Je me suis focalisée sur la cohérence, c’est-à-dire le fait d’avoir quelques choses de cohérent, sur toute mes photos grossesse, mariage, city, street, portrait, etc…. Lorsque je présente mes photos, il y a une histoire. Trouver la cohérence et raconter une histoire, c’est ce qu’il y a de plus difficile tout en faisant simple.  Donc pour ça, je suis mon instinct, j’ai la technique photographique de la lumière, la vitesse etc….Mais ce qui va m’intéresser, c’est ce qui se passe à ce moment-là : au niveau de l’émotion, de la façon dont les gens sont inclinés, leurs états naturels, alors que si je le leur demanderai, ils ne vont pas pouvoir me le donner.

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En général, je discute, je vois comment les clients bougent, je vois comment ils sont et je m’imprègne de ça pour prendre mes photos. Quelque fois, les clients je les fait un peu poser au départ, puis je leur dis : « faites ce que vous voulez » parce qu’en fait je n’ai pas encore compris leur façon de se mouvoir. Et là, voilà ! Je suis partie. C’est quand on est naturel, qu’on est le plus beau… et d’ailleurs Nicole, elle le sait parce qu’elle a pleins de photos sur le vif ou elle m’a dit : « ah je suis trop belle ! » parce qu’elle ne sait pas que je la prends en photos. Et là du coup, elle ne se dit pas comment était mon manteau, mon bras, mes cheveux etc…

Nicole : Elle a fait un shooting hier et c’était exactement ça !

On ressent la passion, on ressent le naturel. C’est impressionnant cette énergie que tu dégages.

Ludivine: Ça c’est parce que je suis super excitée, je suis contente. Pour moi, ce n’est pas, je fais mon travail. Je fais quelque chose de géniale. C’est une passion et c’est formidable.

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Comment se passe ta première rencontre avec tes clients ?

Ludivine: J’essaie de les rassurer parce qu’il y a beaucoup de gens qui ont eu de mauvaises expériences, de mauvaises photos donc il y a déjà un travail à refaire là-dessus. Ensuite, il faut les mettre à l’aise et les détendre avec le sourire. C’est important pour moi que les gens s’aiment. Parce qu’on est tous pareil : les hommes, les femmes, les top models, les grosses, les minces, les petites, les blanches, les jaunes, les oranges. Tout le monde a un complexe. Moi la seule chose que je demande au gens c’est « quel est votre complexe ? » parce que pour moi bien souvent, il n’est pas visible. Et si j’ai des gens par exemple qui ont un grain de beauté là, ou quelque chose qui peut les gêner, je leur demande « j’enlève ou pas (après la session photo) ? »  Personnellement, moi je n’aime pas du tout enlever. En réalité, je leur dis dès le début: « vous êtes comme vous êtes. Je ne vais pas vous maigrir. Sachez-le ! ».

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 J’ai aussi l’avantage d’être une femme. Par exemple, quand une femme vient me voir, se compare aux photos d’autres femmes qui sont sur mon compte Insta. Elle me dit « ouais mais moi je ne suis pas comme elle » et je lui montre une photo de moi-même et lui demande « mais celle-là vous l’avez aimé de moi ? -Oui, mais… - Alors c’est simple je suis beaucoup plus grosse que vous et ça fonctionne » mais elle me dit : «oui mais vous ce n’est pas pareil…etc » Donc en résumé, tout est dans la tête.

Pareil pour le gala, j’ai dit à mes collègues : « si tu es Beyoncé dans ta tête tout le monde verra que tu es Beyonce » et en voyant ça dans le regard des gens on le devient. Donc, même s’il faut se mentir un peu à son esprit de départ, ça fonctionne.

Tes photos sont-elles retouchées ?

Ludivine : Elles ne sont pas retouchées en terme du physique des clients que je photographie. Mon travail c’est de mettre les clients en valeur, avec un point de vue qui leur correspond. Parce qu’il y a plusieurs points de vue en photographie. Quelqu’un qui est complexée par son nez, je ne vais pas le prendre en contre plongée, parce qu’on ne va voir que son nez. Et la personne qui est gênée par son nez, elle ne va voir que ça. Quelque fois je fais des photos et je montre ce que je fais en milieu de session parce que c’est rassurant pour le client. Des fois, on me laisse faire, et c’est rigolo parce que quand même la peur se voit dans le regard. Donc le fait de leur montrer, ça les rassure.

Est-ce que tu retouches d’autres éléments ?

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Ludivine : Oui, quand je montre les photos au client, durant la session, je ne les ai pas encore retouchées. C’est-à-dire que la retouche sur la couleur, la lumière se fait après coup. Parce que je trouve que la lumière dessine des choses dans les ombres, ou elle peut effacer quelques petites imperfections. Je ne travaille pas au flash, je n’aime pas. J’ai un studio chez moi, mais je m’en sers plus pour des photos d’entreprise parce que moi j’ai besoin de tourner et de bouger autour des gens. Je travaille beaucoup avec les focales fixes. Ça oblige à être créatif. C’est-à-dire que c’est moi qui avance et qui recule. Du fait que j’avance et que je recule, que je me déplace de 5 cm ou de 10 cm, peut tout changer sur une photo. Souvent, j’expérimente ou des fois, je sais d’entrée comment mettre les gens en valeur, je fais aussi en sorte que les gens s’aiment et rigolent avec un peu d’humour tout au long de la séance. (Rires)…

C’est peut-être très bête ce que je dis mais quand on est bien dans ces baskets, forcément on accroche le sourire sur le visage de quelqu’un et il est transmis toute la journée. Moi, je me sens super forte quand j’arrive à faire sourire les gens. En fait ça me nourrit. Une fois on m’a dit « c’est quand même bizarre que tu sois plus excitée, plus contente que nous de faire les photos ».

Est-ce que ça a changé ta vie de devenir photographe professionnelle ?

Ludivine : Euh (Pause)…oui quand même ! Je n’ai jamais eu de coup de cœur, je n’ai jamais été fan particulièrement d’un groupe de musique ou d’un sport ou de quelque chose. La première fois que j’ai eu un boitier dans la main je ne comprenais rien du tout. C’était du chinois, pakistanais, il fallait comprendre le langage technique, les boutons…etc.

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As-tu toujours commencé avec un appareil photo pro (vs. téléphone)?

Ludivine : Oui, j’ai toujours voulu un reflex (Canon) en fait. Et un jour on m’a offert un reflex…. Super ! je me suis mise en mode portrait, en mode sport…. Trois mois après je retourne à la boutique où on me l’a offert. Je voulais leur montrer ce que je savais faire et je leur dit « vous avez vu ce que je fais et tout ? ». Et le monsieur, il me dit tout gentiment : « sinon vous en faites des photos ?...- oui !...- Non mais tant que vous êtes sur le mode automatique, c’est comme si vous faisiez des photos sur votre téléphone » Du coup ça m’a vachement vexée ce qu’il a dit. (Rires)… Je lui ai sourit at je lui dit « ah ! ouais ! et comment ça ? » il me dit : « ben le but d’avoir un boitier c’est d’être créatif et ce n’est pas le boitier qui décide comment la photo elle doit être, c’est vous. »

Moi je suis quelqu’un de très créative, je suis toujours là à faire de la peinture, je suis très manuelle. Mon premier métier c’était bijoutière. J’ai un CAP métaux précieux. J’ai toujours été dans quelque chose d’artistique, tout ce qui est intellectuel ça me plait moins. Moi, il faut que je crée. Je trouve que l’on est créateur de nos vies à la base. J’aime bien partager, j’aime bien être utile et je trouve que c’est super gratifiant quand une femme me dit « je comprends pourquoi mon chéri il me regarde comme ça…- et ben oui ! Tu te vois maintenant, comme tu es réellement, non pas avec ton regard déformé, tu ne fais pas 300kg ! Alors oui tu es ronde, tu as des formes, tu as des bourrelées…etc. Mais c’est la vie ! Tu dois t’aimer comme ça pas comme dans un magazine » Parce que la fille du magazine, elle ne s’aime pas non plus. Elle a des boutons, elle a de l’acné. Si c’est une femme mince, elle va me dire « tu ne me prends pas de dos ! on voit mes os » et je leur dis toujours « je vous préviens d’entrée vous aurez des photos de dos. Mais par contre vous allez vous aimer sur cette photo de dos. » C’est toujours un challenge, mais je suis tellement persuadée à la base, qu’à la fin j’arrive à le faire.

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Est-ce qu’il y a un mariage ou une grossesse qui t’a marqué dans ta vie ?

Ludivine : C’est toujours les clients du moment. Si je peux dire : c’est un peu comme un amoureux. C’est l’amoureux du moment que l’on a le plus aimé. Alors que 3 mois après c’est mon ex-con. On est toutes pareilles. « Oh le connard là ! » alors que 3 mois avant c’était l’homme de ma vie, je l’aime, c’est lui que j’ai aimé le plus au monde et ben là c’est pareil. Je trouve qu’au-delà du physique, parce qu’il y en a qui sont très beaux, il y a beaucoup de beauté chez les gens qui ne savent pas qu’ils sont beaux.

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De la séance photo jusqu’à la publication des photos, combien de temps passes-tu  ?

Ludivine : Beaucoup! Mais je kiffe mon travail. C’est beaucoup d’heures de mon côté mais c’est aussi un gros investissement financier pour les clients. Après la séance shooting, je me mets sur mon ordinateur et je pense que je passe un quart d’heure, mais en réalité ça fait 3 heures que j’y suis dessus. Quelquefois, je m’y mets à 11h du soir, et à 4h du matin j’y suis encore. D’un coup j’entends les oiseaux chanter et je me rends compte qu’il fait jour. Mais parce que je ne vois pas le temps passé, je me régale.

Encore une fois, mes clients ce sont mes plus beaux souvenirs. Ils se confient beaucoup à moi et ils se reposent beaucoup sur moi. Je leur dis dès le départ que je suis là pour les aider. Si c’est un mariage et qu’ils ont besoin d’un prestataire, je leur en recommande. Je n’en connais pas des milles et des cents mais ceux que je connais, ce sont des prestataires qui ont les mêmes valeurs que moi et dont je sais que le travail est parfait. Florence par exemple : j’ai eu une mariée en avril qui m’appelle et me dit « Ludi ma fleuriste elle m’a plantée. …. » et Ludi lui dit : « Ecoute, je te donne le numéro de Florence, par contre je ne connais pas ces tarifs mais tu peux y aller les yeux fermés. Je ne sais pas si elle est disponible, rappelle-moi s’il y a un souci, j’essaierai de voir avec qui je connais. » Et elle m’a rappelé, en me disant « oh Ludi, elle est comme toi, elle m’a fait un essai… »; et du coup, avec Florence on a travaillé ensemble. On était super contente, et la cliente était contente parce qu’au-delà du fait que je suis la photographe d’un mariage, je suis là pour les accompagner. On est là pour les accompagner toute la journée et on a envie qu’il soit heureux. D’abord parce que cela fait de meilleures photos et puis ça leur fait des meilleurs souvenirs surtout. Et ils se souviennent de nous comme des partenaires, des amis et pas comme des employés parce qu’on est leur employés à la base.

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Comment ? Et est-ce que tu te prépares avant le mariage?

Ludivine : Oui, alors mon matériel est vérifié la veille, et revérifié. Mon sac, je l’ouvre 150 fois. Le matin aussi. Ma bouteille d’eau, mes petits bonbons je vérifie qu’ils sont bien là. Au départ ce n’est pas pour que je tombe dans les pommes mais au bout du compte c’est parce que les mariés ne mangent pas, ne boivent pas et ils ont besoin d’une pastille. Je demande toujours, qui est le témoin, la personne qui sera à côté des mariés, parce que j’ai besoin de parler à cette personne, et parce qu’ils n’y pensent pas en général : que la mariée, il faut qu’elle boive. En Provence, il fait 45° et les cérémonies sont en plein soleil. « Prévoyez des chapeaux, des ombrelles » je leur dis, « en particulier pour vos grands-mères », parce que c’est important et puis ils n’y pensent pas.

Le jour-J, j’essaie de voir qui sont les prestataires, parce que c’est important que le traiteur, la fleuriste, la créatrice de la robe soit nommés. C’est normal, c’est leur travail. Ce n’est pas que ma photo, c’est tout un travail d’équipe. La réussite des photos, c’est un travail d’équipe même si je ne les connais pas forcément. Donc en fait, je prépare mes dossiers pour les mariés avec la coiffeuse, la maquilleuse, le fleuriste…etc. Je trouve ça hyper important. J’adore voir comment travaille les prestataires, et les mettre en valeur. J’adore faire ce genre de reportage.

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As-tu un entretien avec les mariés au départ ?

Ludivine : Oui, alors pas tout le temps. Parfois, pendant 6 mois je n’ai pas de contact. Je sais qu’il y a des photographes qui prennent des nouvelles régulièrement. Moi, je ne prends pas de nouvelles, parce que : pas de nouvelles, bonnes nouvelles ! Ils savent que je suis là. Il y a juste une semaine avant le mariage que je leur dis : « vous vous souvenez ? vous êtes toujours ensemble ? » Parce que s’ils ne sont plus ensemble ça me ferait trop de la peine, je serais trop malheureuse. Parce qu’à une semaine avant le mariage, ils sont à fond dans les dernières heures de préparation et de l’organisation avec les familles. Et il n’y a aucune famille parfaite, il y a toujours des histoires dans les familles.

Avant ça, je ne prends pas trop la température, je les laisse faire. Ils savent que je suis là à leur disposition s’ils ont en besoin. J’essaye de les voir la veille du mariage. Je n’ai pas besoin de leur parler - je sais qu’ils sont dans la salle ou dans la préparation - j’ai juste besoin de savoir dans quel état d’esprit ils sont pour le lendemain. Pour savoir comment je vais pouvoir les rassurer et faire en sorte qu’ils soient le plus détendus possible. C’est comme si on prenait l’apéro la veille pour passer au repas le lendemain. Prendre la température, savoir dans quel état d’esprit ils sont, dans quel état de fatigue ils sont, pour leur dire qu’ils doivent se reposer même s’ils ne m’écoutent pas, c’est important.

Il y a en effet beaucoup de stress durant la période qui conduit à l’évènement, chez la plupart des clients ce qui est normal. As-tu déjà refusé des clients?

Ludivine : Oui, j’ai déjà dit non à des mariés 2 ou 3 fois. Je les ai envoyés sur quelqu’un d’autre parce que l’un des deux étaient trop dans la directive. Moi, je ne peux pas faire mon travail si on me dirige, parce que je ne peux pas faire de bonnes photos, je ne peux pas être créative et au final, ils vont être déçus et je ne veux pas avoir de client déçus. Et quand je leur explique qu’: « on peut faire une autre séance photo mais que le mariage vous n’allez pas investir autant d’argent et réinviter votre famille si vous êtes déçus. » Donc à ce moment-là, ils comprennent que c’est dans leur intérêt de trouver la personne, le photographe qui leur correspond. Je leur demande une confiance aveugle en leur disant « laissez-vous guider ». Je leur demande quand même un petit peu s’ils ont des préférences mais en général ils me suivent. C’est pour ça que je n’en ai pas des milles et des cents des mariages mais j’ai de bons mariages. Je pense que des fois il faut savoir dire non, parce qu’au-delà du fait qu’ils soient déçus, on est surtout déçus de soi-même.

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Si demain tu avais en face de toi un couple américain, quel conseil leur donnerai-tu s’ils veulent se marier en France, mise à part t’embaucher bien sûr?

Ludivine : Alors moi quand je suis venue à New York, je me suis dit je vais faire tous les clichés. Le hot dog, le cheesecake, ce genre de chose. C’est ce qui fait la beauté du truc et nous quand les américains viennent en Provence, ils veulent les lavandes. Ça ne dure pas très longtemps les lavandes, c’est au mois de juillet. Par contre en Provence, il y a des tas d’autres choses : qu’ils n’hésitent pas à se renseigner auprès de leurs prestataires, selon la saison à laquelle ils viennent, ils pourront trouver quelque chose de typiquement provençale. C’est souvent très difficile de savoir où est-ce qu’il faut aller lorsqu’on vient de loin. Le prestataire, le photographe est là pour ça. S’ils veulent un horaire bien particulier, mais que ce n’est pas l’idéal parce que la lumière n’est pas bonne, il faut vraiment écouter et  suivre les conseils du photographe.

Après, le photographe doit savoir aussi, écouter ses clients. S’ils ont des envies bien particulières, on est à leur service aussi. Il faut rester dans notre style, tout en étant à leur service. Donc ne pas hésiter à se renseigner et à écouter les conseils des photographes ou même de plusieurs prestataires.

Et pour un couple de français qui viendrait à New York, que leur conseillerais-tu ?

Ludivine : Je leur conseillerais ce que Florence a dit : « Laissez-vous porter ! » parce que quand on attends des choses, on est en général toujours déçus. Et New York, c’est un tsunami émotionnel. On le vit, on le veut, on le rêve, on se le prends en plein dans la tête. Et c’est un éventail d’émotions, donc il faut se laisser porter, ne s’attendre à rien, mis à part du bonheur. Et quand on part déjà dans un état d’esprit comme ça, je pense que ça conditionne tout le voyage aussi.

Central Park c’est peut-être mythique mais peut-être que toi, en tant que wedding planner tu pourrais leur conseiller un endroit auquel les mariés n’auraient pas pensé. Donc voilà, c’est toujours pareil, faites confiance à vos prestataires. Moi je sais que peut-être je te dirais: “ trouve-moi un truc qui n’est pas touristique”, mais que toi tu vas trouver bien. Et je sais que ça va être bien. Donc New York, je pense qu’il ne faut s’attendre à rien parce que ce sera beaucoup plus que ce que l’on imagine en réalité. Et puis c’est New York après tout! Moi je peux dire que chez moi je dors 9h à 10h de temps alors qu’ici je dors 3/4h par nuit et je mange quatre fois moins… En fait, la ville me nourrit. Il y a tellement de vibrations. Il y a tellement d’ondes, tellement de choses fatigantes, bruyantes mais en même temps on les voit, on les observe, on les prend avec bonheur, parce que ce n’est pas comme ça chez nous. Donc c’est énormément d’émotions. Il faut vraiment se laisser aller et comprendre qu’on ne peut pas tous faire.

Aussi, selon la mentalité avec laquelle on vient, selon nos attentes, ça doit être différent pour chacun d’entre nous. Si c’est la première fois qu’on vient, il faut juste le vivre. C’est comme une histoire d’amour. On ne peut pas dès le départ, rencontrer quelqu’un et s’attendre à ça, ça et ça. Forcément, on va foirer le truc, on est bien d’accord ! Eh ben je pense que New York, c’est quand même comme un amoureux ou une amoureuse quoi. Elle te prend, elle te retourne, elle te chavire le cœur. Et puis après elle va te manquer, elle me fatigue, elle me saoule, je me languis d’être chez moi mais je me dis en même temps. C’est New York!

Tout en se laisser porter, as-tu des projets pour le futur ?

Ludivine : Alors dans l’idéal j’aimerais beaucoup mettre en valeur le travail de mes prestataires sous formes de reportage. Dans un deuxième temps, j’aimerais bien avoir des couples que ce soit français ou américains, lors d’un mariage et/ou me balader dans les rues avec eux, comme je le ferais toute seule. Les accompagner dans leur mariages à New York ou dans leurs vies de tous les jours.

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Tous les mètres, je ferais des photos. J’aurais aimé les suivre toute la journée, avoir un reportage sur une journée et pas seulement le temps d’un shooting, mais du petit-déjeuner jusqu’au diner. Ce serait comme un mariage. Ils marchent dans les rues, ils s’arrêtent, ils vont boire un café, ils font les magasins…etc. Par exemple, elle est en train de regarder des épices. Eh ben moi ce genre de photos, c’est hyper parlant. L’année dernière, je suis partie à Londres avec mon fils. Je ne savais pas quoi prendre en photo. Du coup je me suis dit, je vais le prendre, ce qui bien entendu il ne voulait pas faire. Il a fallu que je luis cours après. Et en fait il a compris qu’il n’avait pas le choix. J’ai donc fait un reportage sur mon fils à Londres. J’ai appelé ça un teenager à Londres.

C’est là que je me suis rendue compte que j’aimais beaucoup le reportage avec tous ses petits détails, qui permettent de représenter l’instant présent, la vraie vie de mes clients, un petit bout de leur vie…

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Vous voulez en savoir plus sur Ludivine, sur la Ludi’Touch, je vous invite à visiter : https://www.weddingsprovence.com/

Photos Credit: Weddings Provence